Electrolyse PEM
Séparation membranaire
Réacteur à membrane
Stockage des énergies renouvelables
Brevets
   
  Electrolyse PEM
 
  Historique
 

La plus ancienne façon de réaliser l’électrolyse de l’eau consiste à faire passer un courant électrique dans une solution à 15% en acide sulfurique. La forte conductivité électrique des solutions acides permet entre autre de minimiser les chutes ohmiques dans l’électrolyte. Mais du fait des problèmes de corrosion associés à la gestion d’un électrolyte aussi fortement acide, c’est la filière alcaline qui connut un développement industriel dès la fin du XIXème siècle.
L’électrolyse de l’eau, lorsqu’elle est conduite dans une cellule électrochimique classique (gap cell), produit un double dégagement gazeux dans l’espace interpolaire : l’oxygène à l’anode et l’hydrogène à la cathode. Toutefois, cette particularité a de fortes conséquences énergétiques.

Au cours du XXème siècle, plusieurs innovations majeures ont permis d’accroître très sensiblement les rendements énergétiques et Faraday des électrolyseurs. Le concept de cellules zéro gap a été développé afin de pallier les inconvénients évoqués ci-dessus. Il consiste à plaquer des électrodes poreuses contre le séparateur solide de façon à réduire la distance interpolaire et à rejeter la production gazeuse à l’arrière de l’espace interpolaire.
Le concept zero gap à électrolyte immobilisé va encore plus loin : il consiste à maintenir l’électrolyte (acide) dans le séparateur de façon à pouvoir effectuer l’électrolyse de l’eau en milieu acide en s’affranchissant des problèmes de corrosion. Bien évidemment, cette approche intéressante était limitée pratiquement par les fuites d’électrolyte relargué dans le circuit de l’électrolyseur.

L’apparition des premières membranes échangeuses d’ions dans les années 1940 permis d’envisager sérieusement des applications industrielles pour ce concept zéro gap à électrolyte immobilisé. Notamment, dès 1953, à l’aube du programme spatial américain, la société US General Electric suggéra pour la première fois d’utiliser des membranes échangeuses de cations comme électrolyte polymère solide pour la réalisation de piles à combustibles acides. Le concept SPE (de l’acronyme US Solid Polymer Electrolyte) était né. Appliqué à l’électrolyse de l’eau, il laissait espérer pouvoir fonctionner à forte densité de courant (de l’ordre de l’ampère par cm2). Cette possibilité était intéressante pour minimiser les coûts d’investissement ou accroître la densité volumique de production (applications spatiales ou militaires). A contrario des piles à combustibles, l’électrolyse de l’eau SPE requiert un matériau polymère très résistant au potentiel oxydant de l’anode sous dégagement d’oxygène natif. Ce n’est qu’au début des années 70, avec l’apparition du Nafion de la société US DuPont de Nemours, qu’un pas décisif fut franchi.

La forte acidité de cet électrolyte membranaire, même immobilisé, requiert cependant l’utilisation d’électro-catalyseurs insensibles à la corrosion : principalement les métaux nobles de la famille du platine. Pour cette raison, cette technologie est restée pendant une trentaine d’années limitée à des applications spéciales pour lesquelles le coût n’est pas fondamental : applications spatiales et production d’oxygène pour les sous-marins.

Principe

L’électrolyse consiste à effectuer une transformation chimique à partir d’énergie électrique. Pratiquement, du courant électrique circule dans une solution électrolytique (ionique).

Une cellule électrolytique, composée de deux électrodes reliées à un générateur de courant continu et d’un électrolyte, rend possible la transformation directe de l’énergie électrique, en énergie chimique d’une réaction d’enthalpie libre. Pour une cellule électrolytique (H2O), la réaction bilan est : H2O → H2 + ½ O2
Toutefois, cette réaction n’est pas spontanée donc un apport d’énergie est nécessaire .

L’électrolyse classique alcaline emploi un électrolyte aqueux basique (KOH). Dans le cas de l’électrolyse PEM, les cellules à électrodes-électrolyte polymère solide comprennent un électrolyte polymère solide ou une membrane échangeuse d’ions dont l’épaisseur est faible (200 µm environ) portant des dépôts métalliques sur ses deux faces opposées qui servent d’électrodes : l’une étant une cathode et l’autre une anode. Les membranes sont constituées en principe de polymère perfluorosulfonique formant un réseau d’anions fixes et comprenant en outre des cations mobiles ou labiles à l’intérieur de ce réseau. Un exemple de membranes les plus couramment utilisées sont les membranes NAFION® développées par la société DuPont de Nemours dans laquelle les anions sont des ions SO3- et les cations peuvent être de natures diverses. Toutefois, on tend à préférer l’emploi de protons car la conductivité ionique de la membrane et donc son rendement est meilleur.

L’électrolyse de l’eau peut être réalisée à l’aide de telles cellules en alimentant l’anode en eau pure : un dégagement d’oxygène a lieu à cet endroit alors que les protons produits par l’électrolyse traversent la membrane en direction de la cathode. Il y a donc circulation permanente de protons à l’intérieur de la membrane. L’hydrogène se dégage au voisinage de la cathode. Afin d’augmenter le rendement énergétique de ces cellules, des catalyseurs métalliques sont utilisés sous la forme de dépôts sur les faces de la membrane.

Stack d'électrolyse PEM

La production de quantités importantes d’hydrogène et d’oxygène par électrolyse requiert l’association de plusieurs cellules individuelles en empilement compact de type filtre-presse. L’empilement de ces cellules est couramment appelé « stack ».

Dans une configuration monopolaire (a) chaque électrode joue le rôle d’anode ou de cathode sur ses deux faces (montage parallèle) alors que dans une configuration bipolaire (b), chaque électrode joue l’un ou l’autre rôle sur l’une ou l’autre de ses faces (montage série).

Les caractéristiques courant – tension de la source de courant disponible pour alimenter l’électrolyseur peuvent amener à choisir l’une ou l’autre configuration. Un inconvénient de la configuration monopolaire est la nécessité d’amenées de courant individuelles pour chaque électrode de l’empilement. Dans le procédé à membrane acide considéré ici, la faible épaisseur des cellules (5 mm) et la forte intensité (plusieurs centaines d’ampères) rendent préférable le choix d’une configuration bipolaire. Il est à noter qu’en électrolyse à membrane acide, il n’y a pas d’électrolyte circulant ; de ce fait, la configuration bipolaire n’est pas pénalisée par l’existence de courants vagabonds qui pourraient exister entre électrodes et tubulures d’admission.

Alternativement, un système à anode centrale (c) peut être envisagé afin de réduire la tension d’alimentation mais cette configuration rend plus difficile la pressurisation pour les applications haute pression.
GenHy 200 SP GenHy 500-1000 SP GenHy 3000-5000 SP
Système d'électrolyse PEM

Les stacks d’électrolyse sont intégrés dans des systèmes permettant l’alimentation et la régulation des fluides (eau et gaz). Ces systèmes intègrent de nombreux périphériques tels que des pompes de circulation d’eau, des régulateurs de pression, des capteurs de température et de pression, des électrovannes etc …

La collecte des gaz à partir des mélanges biphasiques issus du stack d’électrolyse se fait classiquement dans deux démixeurs munis de systèmes statiques de séparation.
D’après les demi-réactions, l’eau doit être fournie uniquement côté anodique. Sur les appareils fonctionnant à petit débit, la circulation de l’eau est assurée naturellement par gravité (phénomène de pump lift ), le dégagement gazeux entraînant la circulation d’eau. Pour les électrolyseurs de taille plus importante, une pompe de circulation est nécessaire sur la boucle anodique et la boucle cathodique. Cette circulation forcée permet l’extraction des gaz des compartiments de production. Elle contribue également à l’homogénéisation de la température en fonctionnement. L’eau transférée du compartiment anodique au compartiment cathodique par flux électro-osmotique peut être recyclée par mise en communication des deux circuits sur un point bas, là où il n’y a pas de gaz. Les solubilités de l’hydrogène et de l’oxygène dans l’eau sont faibles et les mélanges ainsi effectués ne sont pas dangereux. Les traces d’hydrogène injectées dans le circuit anodique sont oxydées à l’anode des AME et les traces d’oxygène sont réduites sur les cathodes. La gestion du procédé est assurée par un ensemble de vannes pneumatiques et la production par des vannes débitmétriques.
Electrolyseur CETH GenHy 100 SP Electrolyseur CETH GenHy 5000 SP
Avantages de la technologie PEM

L'électrolyse à Membrane Polymère Solide (PEM : Proton Exchange Membrane), conductrice de protons, est la principale alternative à l'électrolyse alcaline. Les avantages de cette technologie sont la compacité, la simplicité de fonctionnement et la limitation des problèmes de corrosion. Cette technologie est d'ores et déjà mature, puisque déjà utilisée pour des applications sous marines et spatiales, pour la génération d'oxygène. Cette technologie est très avantageuse pour les systèmes jusqu'à 10-50 Nm3/h (30 à 150 kW) ne pouvant supporter, pour des raisons économiques d’exploitation, une maintenance suivie.

L’électrolyse PEM développée par CETH s’adresse aux marchés de l’hydrogène « industriel » pour l’industrie et pour le secteur de recherche. Ce produit s’adresse aux marchés de la soudure, de la microélectronique, de la météorologie, du verre, de la joaillerie, des équipements de mesures, de la métallurgie, etc.

La gamme d’électrolyseur GENHY ouvre la voie à l’hydrogène « énergie ». Elle est particulièrement adaptée aux stations services pour véhicules à hydrogène, à la polygénération stationnaire à partir d’énergies renouvelables sur sites domestiques, résidentiels collectifs, sites isolés, et aux sites exigeant une sécurité énergétique. Les alimentations de secours sont également visées.

L’électrolyseur GENHY est également une source d’oxygène.

   
 
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